MNHN N° 210.1


Description générale

Provenance : Massif du Mont-Blanc, Aiguille Verte, Haute-Savoie, France

Les fluorites rouges sont très rares… Découvert le 21 juillet 2006 dans les aiguilles vertes du massif du Mont-Blanc en Haute-Savoie, ce spécimen a la particularité de présenter une association d’une exceptionnelle rareté de deux minéraux typiques des géodes des montagnes de Chamonix : la fluorite rouge et le quartz enfumé.

Outre la qualité minéralogique et de la beauté du spécimen récolté, cette association spectaculaire est le premier objet d’histoire naturelle a être classé "bien culturel d’intérêt patrimonial majeur" , une belle victoire pour l’ensemble du patrimoine géologique national. C’est la Fondation Total qui l’a acquise et donnée au Muséum pour enrichir les collections nationales de minéralogie.

Cet échantillon a été baptisé "Laurent", en hommage à Laurent Chatel, compagnon de cordée de l’inventeur de l’échantillon qui a fait une chute mortelle en août 2005 alors qu’ils cherchaient ensemble des cristaux.

"Laurent" nous renseigne sur les conditions de sa formation et sur l’histoire géologique des Alpes : lors de la formation du massif, des fluides hydrothermaux circulent dans des fentes. Ils puisent dans la roche environnante (ici un granite) des éléments (Si, Ca, F …) qui vont cristalliser dans les espaces (futurs "fours").

D’abord la silice sous forme de quartz puis le fluorure de calcium, sous forme octaédrique (donc 400° C). Des substitutions chimiques se font dans le quartz et dans la fluorite. La radioactivité du granite va "activer" la couleur liée à ces éléments, colorant en rouge la fluorite et "enfumant" légèrement le quartz (donc, vers 225° C). Avec la surrection des Alpes, les cristaux remontent dans leur four et, protégés de l’érosion et de la lumière, attendent d’être mis à jour par l’érosion ou par un cristallier.

Cet échantillon fait actuellement partie de l’exposition Trésors de la Terre.


Fiche d´identité

Espèce : Fluorite

Variété : Fluorite

Historique : Nom issu du latin "fluere" signifiant "s’écouler", en allusion à son comportement au point de fusion.
Espèce décrite en 1529 par Agricola Georgius (1494-1555), minéralogiste allemand.

Localité-type : non définissable car déjà connue des Anciens.

Nom ancien : Spatum vitreum, calx fluorata, spath fluor

Formule chimique : CaF2

Système cristallin : Cubique

Couleur : Incolore, blanc, bleu, vert, jaune, violet, rose

Transparence : Transparent à translucide

Éclat : Vitreux

Trace : Blanc

Morphologie : Cristaux bien formés en cubes, en octaèdres

Dureté : 4

Densité : 3,18

Classe chimique : III - Halogénures

Groupe d´appartenance : Fluorite

Identité strunz avant 2001 : 3/A.08-10

Identité strunz apres 2001 : 3.AB.25