L’orpiment est un sulfure d’arsenic jaune (As2S3) rare connu depuis l’Antiquité. Cet élément toxique conditionne la manipulation et la conservation des échantillons d’orpiment. L’arsenic est nocif à la santé même à faible dose.


Description générale

L’orpiment se forme dans les veines hydrothermales de basse température, en dépôts des fumerolles. Il est aussi le produit d’altération des minéraux d’arsenic et notamment du réalgar (As4S4) : une exposition prolongée à la lumière du réalgar provoque en effet la désagrégation de ses cristaux en pararéalgar pulvérulent et en orpiment.

Les cristaux prismatiques bien formés sont très rares, l’orpiment se présente le plus souvent en masses. De couleur jaune doré à orange, l’orpiment est très tendre, il se raye facilement à l’ongle. On le trouve associé au réalgar, à de la stibine ou encore au gypse.

Les gisements d’orpiment sont peu courants. Les meilleurs échantillons cristallisés proviennent de Shimen, dans la province du Hunan en Chine, où les cristaux jaunes gemmes de plus de 5 cm sont associés à des scalénoèdres de calcite blanche. Avant cette localité, le gisement de Quiruvilca au Pérou fournissait les meilleures pièces.

En France, les plus beaux échantillons d’orpiment proviennent de Lucéram et de Duranus, dans les Alpes-Maritimes, et de la mine de Matra en Corse. Dans ces deux localités, il se présente en masses. On en trouve également dans les houillères de l’Aveyron (découverte de Lasalle à Decazeville), de la Loire (La Ricamarie, St. Étienne) et de la Saône-et-Loire (Montceau-les-Mines) où il forme des enduits jaunâtres mais aussi en Alsace (Ste-Marie-aux-Mine), dans les sources thermales de Saint Nectaire (Puy-de-Dôme), en Bretagne (Bain-de-Bretagne) et dans les Alpes (Jas Roux, Hautes Alpes).

Le type n’est pas définissable car il s’agit d’une espèce ancienne décrite avant que les conditions de dépôt des types n’aient été définies.

Le saviez-vous ? Les Égyptiens utilisaient l’orpiment comme pigment de peinture jaune. Au Moyen Âge, l’orpiment a été retrouvé dans les enluminures, mais il fut rapidement délaissé à cause de sa toxicité. Il a été aussi utilisé comme poison au XVIIe siècle.


Fiche d´identité

Historique : Nom issu du latin "aurum" et "pigmentum" signifiant "pigment doré", en allusion à sa couleur.
Espèce décrite en 77 par Caius Plinius Secundus plus connu sous le nom de "Pline l’Ancien" (23-79 après J.C.), homme de lettres, historien et militaire romain.

Localité-type : non définissable car déjà connue des Anciens.

Formule chimique : As2S3

Système cristallin : Monoclinique

Couleur : Jaune, orange

Transparence : Transparent

Éclat : Résineux

Morphologie : Agrégats fibreux, rarement en cristaux prismatiques

Dureté : 1,5-2,0

Densité : 3,48

Classe chimique : II - Sulfures, sulfosels

Groupe d´appartenance : Orpiment

Identité strunz avant 2001 : 2/F.02-70

Identité strunz apres 2001 : 2.FA.25