Les collections de minéralogie et de géologie se sont enrichies peu à peu de donations et d’acquisitions de remarquables pièces, souvent conservées jusque là par des passionnés éclairés et des scientifiques.


Les collections royales

Depuis sa fondation en 1626, le Droguier du roi s’enrichi de nombreuses pièces issues des collections royales et ayant trait à la pharmacopée, à la nature et aux civilisations "sauvages" comme on disait alors. Mais c’est sous Louis XV que le Cabinet royal reçoit de nombreuses donations de Louis XV et de grands souverains d’Europe tels Christian VII de Danemark, l’empereur d’Autriche et de nombreux autres.

Donations révolutionnaires

Après sa création du Muséum en 1793, le Muséum recevra d’importantes donations issues des confiscations révolutionnaires qu’elles soient issues des collections royales, tels certains joyaux de la Couronne de France que des pièces d’art confisquées aux aristocrates et à l’Église. C’est à cette époque qu’arrive la plus grande partie des objets d’art en gemmes actuellement visibles au Muséum.

Collection Weiss

En 1802, René-Just Haüy acquiert, grâce à l'intervention personnelle de Napoléon 1er, la collection du minéralogiste autrichien Christian Samuel Weiss. C’est l’une de ses premières réussites à la chaire de Minéralogie. Constituée de près de 1 700 minéraux, parmi lesquels des spécimens originaires d’Europe centrale et de Russie, elle a contribué à la renommée du patrimoine minéralogique du Muséum national d’Histoire naturelle. 

Collection Sage

Balthazar-Georges Sage, professeur de minéralogie à l’hôtel de la Monnaie de Paris, prend la tête de l’École des mines qui y est installée en 1783. Pour ses travaux de recherche et d’enseignement, il réunit près de 3 500 minéraux tout au long de sa carrière. Sage meurt en 1824. Sa collection personnelle est divisée en deux parties : l’une pour le Muséum, l’autre pour l’École des mines.

Collections Gillet de Laumont et Romé de l’Isle

Préférant la minéralogie, Gillet de Laumont quitte son poste de capitaine-commandant des grenadiers royaux en 1784. Il devient inspecteur des Mines et sillonne la Bretagne et les Pyrénées. Il permet la découverte de nouvelles espèces et approfondit la description des minéraux de ces régions. Il rachète, en 1790, la collection constituée par Romé de l’Isle, l'un des premiers cristallographes au monde. À la mort de Gillet de Laumont, le Gouvernement rachète sa riche collection pour le Muséum, qui récupère ainsi les modèles de cristaux en terre cuite, les instruments d’étude et le Schörl violet – dénommé axinite par Haüy en 1797 – de Romé de l’Isle.

Collection de René-Just Hauÿ

Professeur à la chaire de Minéralogie de 1802 à 1822, René-Just Haüy a marqué l’histoire de la cristallographie. Comme Romé de l’Isle, il est l’un des premiers à travailler sur la géométrie des cristaux. Il en étudie les facettes, les angles, les structures et suppose qu’ils sont constitués de molécules élémentaires. S’appuyant sur ces critères, il classe les minéraux et présente le résultat de ses recherches dans son Traité de Minéralogie (écrit en 1801). À sa mort en 1822, le Duc de Buckingham s’offre cette collection. En 1848, Armand Dufrénoy, qui vient d’être titularisé à la chaire de Minéralogie, supervise le rachat de cette collection aux héritiers du Duc. Conservée dans son état d’origine, sa valeur est inestimable ! Elle contient les Minéraux-types utilisés par Haüy pour la rédaction de ses ouvrages. Chacun est soigneusement fixé par de la cire à un support en bois, étiqueté par le savant.

Dons de la IIIe République

Suite à une nouvelle vente des joyaux de la Couronne de France en 1887, le Muséum reçoit de nombreuses gemmes royales et impériales qui enrichissent notablement ses collections de pierres précieuses dont diverses gemmes extraites des parures des impératrices Marie-Louise et Eugénie ainsi que de Marie-Amélie, consort de Louis-Philippe Ier qui, passionné de minéralogie, avait ordonné la construction de la grande nef de minéralogie qui abrite actuellement les collections de minéralogie, gemmologie, météorites, gemmes et objets d’art. Il en posa la première pierre le 27 juillet 1833.

Dons de John Pierpont Morgan

Banquier américain à la tête d’un véritable empire, John Pierpont Morgan offre trois séries de minéraux au Muséum national d’Histoire naturelle. Ainsi, Alfred Lacroix, professeur de la chaire de Minéralogie de 1893 à 1937 reçoit, en 1902, 403 minéraux américains réunis par le minéralogiste George Frederick Kunz, pour l’Exposition panaméricaine de Buffalo de 1901. 162 autres minéraux, présentés lors de l’Exposition universelle de Saint-Louis, suivront en 1905. Enfin, en 1912, c'est son fils qui offrit au Muséum, une troisième série de minéraux exceptionnels, composée d’azurites, de tourmalines, mais surtout de kunzites et de morganites.

Collection Louis Vésignié

Le colonel Louis Vésignié peut être considéré comme l’un des collectionneurs les plus importants de son époque. Il s’était accordé avec Jean Orcel, successeur d’Alfred Lacroix à la chaire de Minéralogie, pour léguer près de 5 000 minéraux d’exception au Muséum national d’Histoire naturelle. Quinze mille autres pièces de sa collection seront rachetées à ses héritiers, par le Muséum, une dizaine d’années après sa mort. Une sélection de ces minéraux fût exposée durant plusieurs années dans la salle Vésignié, aménagée spécifiquement pour l'accueillir en 1967.

Cristaux géants d’Ilia Deleff

Ilia Deleff, né en Bulgarie, part visiter l’Amérique du Sud dès la fin de ses études. Dans les années 1950, c’est au Brésil, en Amazonie, qu’il découvre ses premiers diamants. Il continue alors de prospecter dans le pays, s’intéressant plus généralement à la minéralogie. Tout au long de sa carrière, il est marqué par les nombreux minéraux géants qu’il voit fragmentés par les miniers, pour fournir aux industriels les cristaux qu’ils recherchent. Il commence alors à collectionner d’immenses et magnifiques spécimens. En 1982, quatre-vingts des plus belles pièces conservées par Ilia Deleff sont achetées par le Muséum. Elles sont d’abord présentées au public dans une exposition temporaire. Le succès phénoménal qu’elle rencontre permet de rembourser le prêt accordé par l’État pour leur acquisition et d’aménager les salles du Trésor et des Cristaux Géants dans la Galerie de Minéralogie et de Géologie.

Mécénat Total

Dès 1983, Elf, qui deviendra Total, finance l’entrée de nombreuses pièces dans les collections de Minéralogie et de Géologie. Ce mécénat se poursuit avec la Fondation Total, créée en 1992. En trente ans, le mécénat Total aura permis à plus de 1 600 pièces de compléter les collections du Muséum. Parmi elles, la Fluorite Laurent, spécimen composé de fluorite rouge et de quartz fumé, trouvé dans le massif du Mont-Blanc en juillet 2006 et 1er spécimen classé bien d’intérêt patrimonial majeur. La Galerie virtuelle de Minéralogie, mise en ligne en 2008, et la rénovation de la salle des cristaux géants qui accueille l’exposition Trésors de la Terre sont également le fruit du mécénat de la Fondation Total.