La nef de la Galerie de Minéralogie est une curiosité architecturale. Formée d’une succession de dômes vitrés soutenus par 18 colonnes monumentales, elle ouvre une perspective unique sur les collections.


La naissance de la Galerie
Au début du XIXe siècle, les acquisitions du minéralogiste René Just Haüy ont considérablement augmenté les collections, et les spécimens sont à l’étroit dans le Cabinet d’histoire naturelle. Les visiteurs sont également de plus en plus nombreux. En 1827, ils se pressent au Jardin des Plantes pour voir la girafe offerte par le Pacha d’Égypte Méhémet Ali, à Charles X. Devant ce succès, le gouvernement décide d’allouer de nouveaux crédits au Muséum. Une partie sera consacrée à l’édification de la Galerie de Minéralogie et de Géologie. La construction du bâtiment commence en 1833 sous la direction de l’architecte Charles Rohault de Fleury. Considérée comme le premier édifice construit en France pour être un musée, elle ouvre au public en 1841.
Aujourd’hui cette galerie peut seulement être aperçue par les visiteurs depuis le hall de l’exposition d’entrée dans l’exposition.

La grande salle des colonnes
La nef centrale de la galerie s’étend sur 100 mètres, et ouvre une perspective profonde sur l’espace d’exposition. Longtemps appelée la "grande salle des colonnes", elle est traversée par deux rangées de 18 colonnes de style corinthien, qui soutiennent une succession de dômes vitrés. Aux murs, de larges verrières font entrer une lumière indirecte sur les collections. De part et d’autre de la nef, deux avant-corps, plus étroits et surélevés, abritent des espaces de conservation qu’on appelle aujourd’hui les "sous-marins". Ils forment des balustrades auxquelles les visiteurs accèdent par des escaliers.

Vitrines et bois anciens
À l’ouverture de la Galerie, les spécimens sont exposés dans des vitrines et de grands meubles en bois comportants des tiroirs où sont conservés les échantillons. À partir de la seconde moitié du XXe siècle, une partie de l’ameublement central est déplacée pour alléger l’espace et l’adapter aux expositions temporaires. Les minéraliers de Bournon sont encore visibles dans les escaliers monumentaux de la Grande Galerie l’évolution.

Dialogue silencieux
Cette évocation ne serait pas complète sans les statues des deux naturalistes qui se font face au centre de la galerie. René Just Haüy, assis dans sa tenue d’ecclésiastique, une calcite dans sa paume, et Georges Cuvier, debout dans son costume de professeur, une main sur un globe terrestre. Leur dialogue silencieux dure depuis presque deux siècles.