Quand l’observation naturaliste flirte avec l’art, cela se traduit par des productions étonnantes. Cires anatomiques, insectes en argent émaillé ou dessins de voyageurs, l’exposition met à l’honneur ces œuvres à mi-chemin entre science et imaginaire.


Du 30 octobre 2001 au 15 mars 2002

Avant l’apparition de la photographie, les représentations de la nature étaient principalement celles des dessinateurs. Elles dépendaient de leur interprétation de ce qu’ils voyaient ou du récit que leur faisaient les voyageurs naturalistes. Ces illustrations, si elles s’éloignent parfois de la réalité des sujets étudiés, évoquent différentes perceptions artistiques de la nature.

L’exposition Regards sur la nature s’intéresse à la variété des techniques et supports employés pour tenter de saisir l’image d’un animal ou d’un végétal. Sculptures, gravures, empreintes, esquisses sur papier, métaux, cire ou pierre, rendent compte de ces diverses visions du monde naturel. Des traces souvent utiles au travail des scientifiques.

Le visiteur peut admirer les œuvres, uniques et magnifiques, de l’artiste Vo Van Tho. Ce joaillier-sculpteur a développé une technique inspirée des procédés de fonte utilisés dans la Chine antique. Elle lui permet de couler, avec précision, des métaux précieux dans des moules qui sont les empreintes des corps d’insectes. Il procède ensuite à l’émaillage des formes métalliques obtenues, s’autorisant à prendre quelques libertés avec les couleurs originales. Le résultat surprend par le respect des détails, parfois infimes. Ces bio-fossiles, dont le réalisme et l’éclat fascinent, servent aussi bien la science que l’art.

La pluralité des représentations n’est pas qu’affaire de techniques et de matières premières. Elle peut être l’expression de cultures, de croyances et de traditions. À travers des exemples puisés dans les civilisations égyptiennes ou amérindiennes, c’est le lien fondamental entre la symbolique attribuée à un élément naturel et sa figuration au sein d’une société, qui est mis en évidence.